Vendredi confession #5 qui tombait un jeudi

Il y avait super longtemps que je n’étais pas venue vous raconter des trucs de la plus haute importance et que vous mourrez d’envie de savoir. Ne rougissez pas, la curiosité est un bien joli défaut et comme je le dis souvent à Mister T « tu n’es pas curieux, tu veux savoir ». Donc voici un petit vendredi confession qui tombait un jeudi et qui parlait de livres, d’adoption et de recettes.

  1. Il y a donc eu la fête de l’école. Comme chaque année je m’étais inscrite pour tenir un stand. Mister T avait choisi « tirs au but ». Quand je me suis présentée aux maman de l’APE, je n’ai pas tout de suite compris pourquoi elles souriaient quand je leur ai annoncé. Ça n’a duré que deux secondes parce qu’après, tout est devenu clair. J’étais censée arrêter moi-même les buts. Bon, inutile de dire que j’ai modifié illico les règles et que chaque tireur devait s’engager à arrêter les buts d’un autre gamin. Ils étaient ravis. Et moi aussi, assise à l’ombre sur ma murette. De plus ma boite à jetons a été dézinguée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
  2. J’ai écrit 32 chapitres de mon livre, soit plus de la moitié. Je suis super contente que ça avance aussi vite même si j’ai l’impression que je travaille parfois à vue. Il va falloir que passe à la prochaine étape : trouver des lecteurs pour qu’ils me donnent leur impression, chose peu aisée, l’auteur étant parfois à fleur de peau quand il s’agit de son bébé.
  3. Je suis allée au cinéma voir « comment j’ai rencontré mon père ». Malgré le pitch super intéressant de mon point de vue, je suis restée sur ma faim. Ce film ne parle pas du tout de l’attachement père/enfant comme je l’imaginais, ni de la parentalité adoptive, ni vraiment des migrants. Sur France Inter j’avais entendu une chronique qui disait que c’était un film poignant (je sais pas où, ou bien mon empathie a fondu au soleil), plein de tendresse (ok, ça peut-être, mais pas sûr non plus) le pire, je crois, c’est que j’ai regardé mon portable toutes les dix minutes et ça c’est malheureusement un signe.
  4. La BD: Sur IG @margauxmottin a présenté une bd sur l’adoption « l’adoption » de Zidron et Monin en deux tomes.  C’est l’histoire de la petit Qinaya, une jeune Péruvienne de 4 ans dont les parents sont décédés dans un tremblement de terre et qui est adoptée en France. Mais c’est aussi l’histoire de Gabriel, qui va devoir apprendre à devenir grand-père alors qu’il n’a même pas eu le temps d’être père. Petit à petit, un amour fort va se nouer entre les deux. (Tome 1) Bon, bon, bon comment dire? J’ai ri, j’ai pleuré aussi, on pourrait dire que j’ai beaucoup aimé. Et puis une boule s’est logée dans mon estomac et j’ai espéré qu’ils ne tombent pas dans le cliché, mais. Il faut croire que les clichés ont la vie dure. Parce qu’au milieu de moult possibilités, les auteurs ont choisi de raconter une adoption qui n’a pas été faite dans les règles. Forcément. Je ne sais pas ce qui les a inspiré ni si c’est tiré d’une histoire réelle, parce que les réflexions sont d’une justesse infinie. Ce qui m’agace, c’est qu’encore une fois on stigmatise les adoptants « prêts à tout pour avoir un enfant ». Dans le tome 2 on suit Gabriel sur les traces de la petite Qinaya, on s’éloigne de l’adoption et on se concentre sur les réflexions du grand-père à propos de la parentalité, de la mort des enfants, de l’âge… Je vous laisse juge, vous me direz.
  5. Après avoir eu ma période avocat, j’en suis à ma période mangue. Je vous livre mes recettes best of : tartare de mangue à la menthe : couper la mangue en petits carrés, ciseler la menthe, couper un fruit de la passion. Mélanger les ingrédients et si vous préférez en version plus sucrée ajouter une cuillère à café de sirop d’agave. La version salade : mangue + 3 riz + 1/2 poivron rouge, jaune et vert en lanières (je le précuis 2 minutes au micro ondes pour mieux le digérer)+ basilic +menthe + oignon vert ou rouge +jus de citron + cacahuètes ou noix de cajou concassées + copeaux de noix de coco. On mélange tous les ingrédients, un peu d’huile et du vinaigre de mangue (si vous avez sinon juste le citron) on refroidit et on déguste.

Vendredi confession, c’est reparti!

Cette année, je découvre certains petits bonheurs  liés à mon activité professionnelle. Et ça pique un peu.

  1. Je travaille.
  2. Certains ne comprennent d’ailleurs pas que j’appelle mon activité, un travail. Je cherche à lui trouver un autre nom, mais mes enfants et mon mari m’assurent qu’on s’en fout des autres. J’avoue que j’ai du mal avec ce concept (de s’en foutre des autres). D’ailleurs j’ai du mal avec beaucoup de concepts en ce moment, la cinquantaine, l’amitié, la pluie, l’automne en hiver. Excusez ces digressions.
  3. Donc : je travaille / À la maison.
  4. Certains ne comprennent pas que ces deux petits mots puissent fonctionner ensemble.
  5. Je répète donc : je travaille à la maison.
  6. Si certains ne comprennent pas, mon mari en revanche  a compris ce que ça impliquait :
    • je ne fais pas les courses en dehors des jours que j’accorde à cette activité (le samedi de 11h à 12H), le reste du temps je travaille.
    • je ne repasse pas, si ce n’est au bout de trois semaines quand personne n’a plus rien à se mettre et que je n’ai plus de place pour poser le linge en attente, parce que le reste du temps, je travaille.
    • Quand on veut me joindre, il vaut mieux me laisser un message . Autre solution m’appeler trois fois de suite. Sinon il y a de fortes chances (risques?) que je réponde pas (ou seulement le soir après vingt heures)
    • Mon porte feuille se porte bien, vu que je me tâte pendant trois semaines avant d’aller faire du shopping et que le jour où je suis décidée il pleut/  J’ai pas envie de bouger la voiture/ et puis, j’ai du travail.
    • la salle à manger, le salon et la cuisine sont « mon bureau » et ne peuvent être mis en ordre sans un document signé de ma main en triple exemplaire, parce que toutes ces pages: Ok, vous avez compris : c’est du travail.
    • Quand ChériChéri me demande de faire du public relations (sourire et être une potiche dans un dîner/cocktail/soirée auprès de gens dont les conversations m’ennuient et auxquels je réponds par hochements de tête et des onomatopées), que je fouille dans mon agenda à la recherche d’un autre rendez-vous (mais je n’ai jamais d’autre rendez-vous), bien souvent il renonce à ma présence. Tout seul. Comme un grand. « C’est pas grave dit-il, ce n’est pas important, (je lui avais bien dit!) et puis tu as ton xxx » (remplacez les x par le mot qui convient)
  7. Je refuse d’écouter  toutes les phrases commençant par « est-ce que tu pourrais » non, je ne peux pas plus que toi.
  8. Je n’aime pas trop quand on dit de mon travail que c’est un projet. Non, j’aime pas trop.
  9. Les regards lourds de sous-entendus quand les voisins passent devant la maison et qu’ils me voient sur l’ordinateur. Au choix ils se disent que je suis une geek/ une fainéante/ une mauvaise mère. Peut-être qu’ils ne se disent rien et qu’ils secouent la tête en pensant à Mister T aux prises avec la folle que je suis. Il faut dire que je passe 125 fois ma main dans les cheveux (ne m’appelez-pas MLP), que parfois je ris toute seule. Et même, je pleure. Mais ça, c’est quand je n’arrive à rien ou que Marie (Marie c’est elle) est émue. Du coup je le suis aussi.
  10. Certains me disent « de toute façon, tu ne peux pas travailler 8 heures de rang à cette activité, tu dois avoir plein de temps disponible maintenant » Bien souvent je ne dis rien, mais si tu veux, viens passer une journée avec moi et tu verras si je ne reste pas huit heures (8 heures) assise à ma table. Mes gosses ont testé et finalement ils préfèrent aller à l’école, même quand ils sont malades (mon bureau = le salon = pas de télé)
  11. Du coup quand les gens me voient lire, ils s’écrient « mais là tu ne travailles pas! » Si je travaille, et c’est du temps non encore comptabilisé dans les huit heures, attends, je le rajoute.
  12. J’aime moyen les regards des animateurs qui me voient arriver à l’arrache, les yeux exorbités et les cheveux dressés vers le ciel comme des antennes. La discussion que j’ai eue avec l’une d’elle dans la semaine, au sujet de la cantine (à laquelle Mister T ne veut plus manger) en est un parfait exemple : « de toute façon, si vraiment ça ne s’arrange pas, vous êtes à la maison… » (Tout est dans les points de suspension) Et moi, de me tortiller, de tordre mes doigts (des fois, je me saoule moi -même) « oui, mais enfin, je travaille à la maison » (j’ai bien appuyé sur le mot travaille) et son haussement d’épaules et de sourcils qui s’en sont suivis m’ont  laissé perplexe. Les épaules, j’aurais compris, les sourcils, beaucoup moins.
  13. Et tout ça, Mesdames et Messieurs, pour des clopinettes, parce que ce n’est parce que tu écris, qu’un jour tu seras publiée (mon nouveau mantra) (à se répéter en boucle de six heures à vingt heures)
  14. Ah, oui je vous l’avais dit : ça pique !!

Belle journée en automne!

{Play List}

Pour écrire, j’ai une manie qui ne plait qu’à moi. J’écoute de la musique.

Bah, vous allez me dire, écouter de la musique, on le fait tous, et on aime tous ça.

Hum, hum. Demandez donc à ceux qui vivent avec moi, parce que j’écoute Ma musique en boucle. Genre dix chansons pas plus. Toute la journée.

C’est un peu comme si le générique se mettait en route. Tout de suite après la musique, il y a mes images qui débarquent et mes doigts qui racontent.

Mes pauvres enfants regardent leur programme préféré et soudain, une musique s’élève. Ma musique. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, le son est toujours à fond. À ce moment là de l’histoire, ils éteignent la télé, non, mes enfants ne râlent pas, et ils montent jouer à la console. Au troisième étage, il parait qu’on n’entend pas trop, si on ferme toutes les portes. Ce qu’ils font avec application. Seule,  je claque alors des doigts ou je me lève et je danse et je chante. Pour couvrir le son , et bien, en fait, je crois que je hurle. Le tout avec une moue de canard.

Je ne suis pas folle vous savez, en général je passe assez inaperçue.

En ce moment il y a des travaux dans le jardin. En sortant chercher le courrier, j’ai trouvé que les maçons avaient un sourire en coin un peu trop appuyé. J’ai rejoué le cours de la matinée et là, j’ai compris. Ils avaient dû me voir, peut-être même m’entendre, lors du passage de ça. Surtout à environ 45 secondes de la fin, parce que j’ai un roulé des épaules et un balancement de la poitrine que je vous laisse imaginer. Depuis, je tire les rideaux et je travaille dans le noir.

Vous voulez écouter le générique, c’est à dire le titre sans lequel rien de tout ça n’aurait été possible ? et bien le voilà.

Vous allez l’avoir dans la tête toute la journée? Ne me remerciez pas c’est cadeau! La suite au prochain épisode.

J’avais prévu de vous donner le titre du livre et puis, je n’ai pas su où le mettre. La prochaine fois ?

Ah, bon on n’est pas vendredi ? Et bien tant pis je vous colle un vendredi confession, un jeudi, soyons fous!

Pic by Clem Onojeghuo

{Vendredi confession}

Je crois que je vais en faire une petite chronique hebdomadaire. Un peu comme les gens qui perdent du poids en direct ou qui vont s’allonger chez le psy. Et puis, c’est peut-être plus simple à écrire qu’un billet qui doit avoir un début, un milieu et une fin. Alors,  surtout, si vous n’en avez rien à fiche, dites-le moi, sinon le « vendredi confession » reviendra la semaine prochaine.

  1. J’ai terminé la première ébauche du carnet « les secrets véritables des couples qui durent ». Je l’ai fait lire à ChériChéri et j’ai vu une fois ou deux, ses yeux se troubler. « Quand je te lis j’ai envie de pleurer » m’a-t-il dit. « Et bien zut, il est quand même sensé être humoristique ce carnet! / Il l’est, mais je sais pas pourquoi ça me fait toujours ça quand je lis ce que tu écris. Il ne me semblait pas que quand je faisais des courriers ça lui faisait le même effet, mais je me suis tue.  J’ai donc envoyé le carnet à GrandeChérie. Que voulez-vous, j’ai besoin qu’on me dise que c’est bien, de façon claire et nette. Sinon, je tergiverse, je tourne en rond et ça ne va pas du tout. Elle a dû comprendre que c’était urgent, parce qu’une demie-heure plus tard à peine, elle m’a appelé. En gros c’est plutôt bien « mais à deux ou trois reprises, je vous ai vus papa et toi / Ah bon? / Oui par exemple dans le secrets 17 « ne pas s’endormir fâchés » ou le 6 « rire aux blagues de l’autre ».
  2. Bon, du coup je ne sais plus trop, et je pense opter pour une deuxième ébauche.
  3. J’ai relu quelques notes prises et patiemment compilées dans mon potager. Peut-être faut-il que je vous explique le concept du potager ? Mon potager est un carré de carnets tout simples, noirs à la couverture souple (très important la couverture souple), lignés ou non, (ça on s’en fiche)(et heureusement parce que je me trompe une fois sur deux) sur lesquels je note les phrases que j’ai entendues, ou que j’ai lues. Les phrases poussent toutes seules dans le silence du carnet et elles sont prêtes à être consommées pile poil au moment où j’en ai besoin.
  4. Phrase consommée hier : « Et vous les écrivains, vous avez un problème avec la vérité. Ce que l’Homme appelle Vérité, c’est toujours sa vérité, c’est-à-dire l’aspect sous lequel les choses lui apparaissent ». Guillaume Musso – La fille de Brooklyn
  5. Du coup, je me dis que, peut-être dans le carnet, les gens se reconnaîtront, et c’est tant mieux puisque c’est tout à fait ça que je comptais atteindre.
  6. Au niveau des chapitres validés de mon roman, ça avance. Le sixième est parti lundi matin à la révision. Revenu mardi avec pour mention « l’écriture est vraiment bien en place, il est très agréable à lire » et puis il y a eu un maudit « mais » en ce qui concerne la forme. Rapport à ce que je passe du je au il. En gros, soit je gardais le 6 en en faisant une sorte de rêve, soit je le modifiais. Je n’ai choisi aucune de ces deux options et l’ai réécris pour le garder au maximum tel qu’il était, et puis j’ai convenu que parfois il fallait effacer le chapitre qu’on aimait le plus. Ce que j’ai fait en espérant qu’il en resterait des traces en filigrane (il parait que ça marche. En tout cas ça me rassure de le penser).
  7. Je l’ai réécris entièrement. Il est parti jeudi matin, revenu deux heures après validé. Du coup j’ai aussi envoyé le 7. Pour info, il y a 49 chapitres. Ah, oui, on n’est pas arrivé!
  8. Hier soir, nous étions invités au lancement de la saison estivale du Blue Cargo à Biarritz. Outre, que pour moi, c’est un exercice assez difficile parce que j’entends un mot sur deux et encore (j’y pense, il faudra que je vous parle de ma surdité parce que parfois, ça vaut le détour), j’aime bien ses endroits où je fabrique des souvenirs pendant tout un tas de minuscules secondes qui m’échappent, jusqu’à devenir plusieurs minutes.
  9. J’ai tout de même atteint mon objectif : expliquer à quelqu’un ce que je fais dans la vie. Maintenant, parce qu’on me présente toujours comme celle que j’étais avant. Quand j’ai vu ses yeux s’arrondir en même temps que sa bouche comme un poisson qui manque d’air, j’ai compris que c’était pas gagné! « Ah, ouais, je pensais pas que ça existait vraiment quelqu’un qui fait ça toute la journée. Et vous n’avez pas mal aux fesses ? » Merci, mes fesses vont parfaitement bien.
  10. Quelqu’un m’a dit « je ne comprends pas pourquoi tu ne dis jamais que tu es écrivain, tu crois que les peintres du dimanche ça les gêne de dire qu’ils sont peintres ? Tu crois que les secrétaires au chômage de longue durée elles disent quoi ? Qu’elles sont secrétaires ! Et pourtant ça fait un bail qu’elles n’ont pas tapé un courrier, alors toi, qui t’assieds tous les jours à ta table et qui inventes des trucs foutraques, je crois bien que tu peux le dire! »
  11. Hier soir j’ai amassé tout un tas d’anecdotes ordinaires que j’ai rangé dans le tiroir qui leur est dévolu, à l’intérieur de mon cerveau.
  12. J’ai arrêté de collectionner les excuses qui s’emparaient de moi.J’ai dit à mon bonheur de rester s’il le voulait, parce que cette fois-ci je n’avais pas besoin de machine à créer de la nostalgie heureuse, non cette fois-ci le bonheur m’allait très bien. Et la banalité aussi.
  13. Prochaine étape consolider le collage de mes ailes grâce à celui qui lit par dessus mon épaule, souligne mes erreurs en jaune et dispose des points d’exclamation dans la marge.